La vraie richesse : Six clés pour une vie heureuse, 1 Timothée 4 à 6

Dieu crée le bon, rien ne se jette. Timothée reçoit six leçons de vie. Rejeter le faux, oser la jeunesse, organiser l’entraide, accepter la fragilité, dompter l’argent, garder le cap. Chaque étape transforme l’existence brute en destinée choisie. La foi devient acte.

Dieu a créé le bon (1 Timothée 4.1 à 11)

Tout ce que Dieu a créé est bon. Rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec action de grâce, car cela est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. (v.4)

Les influenceurs existent depuis bien longtemps. Ils diffusent des messages pour s’entourer d’un public large. Notre époque invente le mot infox pour traduire l’anglais fake news. Le phénomène existe déjà il y a vingt siècles. Comment repérer ces informations biaisées ? Dans notre société une nouvelle devient vraie lorsqu’elle plaît. La séduction supplante la raison. Est-ce si différent du passé ? Sans doute pas.

Timothée affronte un challenge ressemblant fortement aux nôtres. L’auteur de la lettre propose une argumentation fort simple. Ce que Dieu fait reste bon. Les influenceurs dénoncés dans ce texte proposent des comportements négatifs. Ils demandent de se priver de certaines choses. Timothée doit leur opposer une parole positive. Cela nous donne une indication utile pour notre époque. Méfions-nous des messages négatifs rejetant telle chose ou telles personnes. Les visions positives nous en disent souvent bien davantage. Le refus du monde cache souvent un refus de soi. L'œuvre défait le néant.

Se donner à son travail (1 Timothée 4.12 à 5.2)

Fait tout cela avec grand soin, donne-toi à ce travail entièrement, alors tous verront tes progrès.(v.15)

Timothée possède des talents. Il sait lire, chose rare à l’époque. Mais il reste jeune. La jeunesse passe souvent pour un manque d’expérience. Elle entraîne aussi un manque de confiance en soi. La jeunesse annonce d’abord une vie à venir. Aucune vie n’existe sans déconvenues. L’enthousiasme du junior risque alors de s’émousser. La lettre décrit au verset quatorze un rituel public. Ce rite valorise les dons de notre jeune Timothée. Il indique à l’entourage que les capacités du jeune homme sont reconnues.

Le geste fonctionne aussi sur Timothée lui-même. Il rappelle qu’il peut valoriser ses capacités devant toutes et tous. Ensuite la lettre intègre une autre donnée. Le temps devient synonyme de progrès. Ne nous attardons pas sur nos faiblesses ou nos erreurs. Oublions le manque de reconnaissance. Poursuivons inlassablement nos efforts. Le temps était un atout pour le jeune Timothée et ce temps travaille aussi pour chacune et chacun de nous. L’action efface le doute.

Valoriser ce qu’une personne fait de bien (1 Timothée 5.3 à 16)

Il faut qu’on la connaisse pour tout ce qu’elle a fait de bien : elle a élevé ses enfants, elle a bien reçu ceux qui venaient chez elle, elle a lavé les pieds des chrétiens, elle a aidé les malheureux, elle a fait toute sorte de bonnes actions. (v.10)

La lettre mélange sans cesse les recommandations personnelles pour Timothée avec des réflexions générales sur l’organisation de l’Église. Elle s’intéresse à des groupes comme les personnes âgées dans le texte d’avant. Celui-ci semble un peu confus. En fait, il se divise clairement en deux parties. L’une s’intéresse aux veuves en général. L’autre concerne un groupe de femmes faisant toutes sortes de bonnes actions. À trois reprises notre auteur valorise la solidarité familiale.

Mais il existe également une entraide chrétienne. Elle s’illustre par ces veuves inscrites et reconnues par la communauté. Leur sélection semble assez rigoureuse. Ici la lettre se soucie du bon fonctionnement de l’institution. Tout cela repose sur des personnes humaines. Le discernement s’impose alors. Pour notre époque ce texte appelle à bannir l’amateurisme dans les actions de solidarité. Dans ce domaine la raison doit dominer le cœur. La rigueur sert l’amour.

Pas de privations inutiles (1 Timothée 5.17 à 25)

Ne bois pas seulement de l’eau. Prends un peu de vin à cause de ton estomac, puisque tu es souvent malade. (v.23)

Encore un texte qui semble un peu décousu. Mais la vie reste décousue ! Ici le mélange entre les recommandations personnelles et les messages sur l’organisation de l’Église devient particulièrement criant. La remarque sur la santé de Timothée arrive totalement hors sol. Elle surgit au milieu de considérations sur l’évaluation des anciens. Toute la lettre passe sans cesse de directives concernant des groupes à des conseils personnels pour Timothée. Ce texte ne fait pas exception.

Il semble s’agir d’un procédé littéraire destiné à donner du poids à toute l’argumentation. Le souci pour la personne authentifie les intentions nobles de l’auteur. Or il ne s’agit pas d’un artifice de rhétorique. L’Église vit d’un balancement constant entre les individualités et la collectivité. Cette constante ondulation n’est pas le fruit de mouvements erratiques. Elle se trouve dans l’ADN de l’Église. Nous n’en comprenons pas le sens ultime. Mais la foi aide à l’accepter.

La richesse de la foi (1 Timothée 6.1 à 10)

C’est vrai, la foi en Dieu est une grande richesse, à une condition : il faut se contenter de ce qu’on a. (v. 6)

Des penseurs sans attaches avec la foi avaient déjà écrit ce genre de choses. L’ensemble de ce texte semble conservateur. Il accepte le principe de l’esclavage. Il n’invite pas à combattre les inégalités de fortune. Pourtant le regard sur les douleurs humaines devrait inciter à la révolte. En tout cas elle constitue une réaction légitime.

Notre auteur aborde trois situations. Il faut accepter l’esclavage, éviter les enseignements erronés et fuir la recherche de l’argent. Il invite à prendre du recul par rapport à nos sensibilités. Certaines situations ne peuvent changer. Le bonheur ne réside pas dans la révolte romantique et irrationnelle. Le christianisme doit atténuer les douleurs dont il n’est pas responsable. Il accepte sa navrante impuissance dans bien des situations. Notre auteur se veut réaliste. Cela provoque une légitime frustration. La foi peut nous aider à surmonter cet obstacle. Le calme dompte la rage.

La voie de la sagesse venant de la voix de Dieu (1 Timothée 6.11 à 20)

Garde la sagesse que tu as reçue, en restant sans tache et sans défaut jusqu’au jour où notre Seigneur Jésus-Christ paraîtra. (v.14)

À nouveau un subtil mélange entre des conseils particuliers pour Timothée et des considérations plus générales. Le texte vise ici les fortunés de ce monde. Timothée possède lui aussi une richesse. Ce texte met l’accent sur deux patrimoines. L’un reste financier et l’autre spirituel. Dans les deux cas il s’agit de faire le bien. Il faut utiliser ce que la vie nous a donné.

Ils ont la chance d’être riches sur le plan matériel ? Tu as la chance d’avoir une richesse spirituelle ? Quelle que soit la nature de nos possibilités, il s’agit de les utiliser pour faire le bien. Sachons valoriser ce que nous possédons. Cessons de nous esquinter la vie en courant après ce qui nous échappe. Dieu n’accorde pas d’importance à ce que l’existence nous a donné. Il regarde la manière dont nous utilisons nos possibilités. Chacune et chacun peut ainsi se sentir bien dans la dimension spirituelle de son existence. Offrons nos talents aux Églises. Le don sublime l’avoir.